Le vrai Santon de Provence traditionnel

1 – Le modelage

L’étape primordiale pour créer un santon de Provence traditionnel, c’est la création des sujets, c’est à dire le modelage.
Au commencement de mon activité de santonnier, pour la création des modèles, j’utilisais l’argile ; celle employée pour le moulage des santons. L’inconvénient, avec celle-ci, c’est qu’elle sèche, et le plâtre qui sert à réaliser le moule ne doit être utilisé que sur de l’argile fraîche.
Aujourd’hui, j’emploie de la plastiline, celle-ci peut être travaillée éternellement tout en la laissant à l’air libre sans qu’elle sèche.

PHOTOS de gauche :  créations 2015

N° 68 : INFIRMIERE
N° 70 : CHERCHEUSE de CHAMPIGNONS
N° 75 : PAYSAN à la PAILLE

PHOTOS de droite : évolution de la création du Paysan à la paille
(le manche en bois de la fourche sera ajouté quand le santon sera peint)

2 – La fabrication du moule

Je viens de créer une niçoise (20 cm) en plastiline.
Pour en faire le moule, j’incruste le santon dans un lit d’argile qui délimite le sujet tout autour, (photo de gauche), dans l’argile j’ai creusé 6 trous qui sont les clefs.
Du plâtre est coulé, sur la face, qui prend donc l’empreinte de la moitié du sujet et qui coule dans les trous (clefs). Ce qui donne le résultat de la photo de droite.
Il reste donc à couler la partie arrière du santon, le plâtre va prendre l’empreinte du dos et des creux vont épouser les clefs.

moule

3 – Le moulage

Le moulage d’un santon se fait en pressant un boudin d’argile fraîche entre les deux parties d’un moule. L’argile se répand dans toutes les cavités du moule et prend alors la forme du santon original qui a servit à réaliser le moule.
Le tampon sous le socle indique le nom du fabricant (GILLI MANOSQUE). Les deux parties sont séparées, le santon apparaît incrusté sur une des faces du moule. Celui-ci est extrait à l’aide d’une broche en fer qui traverse de part en part le corps du santon.
Une légère pression exercée de bas en haut permet de sortir délicatement le sujet du moule.

photos borie 023
ebarbage

4 – L’ ébarbage

Une fois que le santon est sorti du moule et qu’il a séché, il faut ébarber le santon, c’est à dire ôter les bavures d’argile qui se trouvent sur le pourtour du santon, pour cette opération j’utilise une lame très bien affutée, qui permet de cacher l’endroit de la jointure du moule.

5 – La cuisson

A l’origine les santons étaient en argile crue.
Aujourd’hui, afin d’être rendus plus résistants, ceux-ci sont cuits à 980° dans un four électrique, dont les résistances sont réparties sur toutes les faces, hormis le plafond (photo ci-contre).
Une quinzaine d’heures sont nécessaires pour atteindre la température de 980° voulue.
Le retour à la température ambiante se fera sur une durée de 48 heures, c’est alors que le four pourra être ouvert.

6 – La peinture

Michelle décore les santons dans notre magasin au 27, rue Grande à Manosque.
La décoration est faite en série et entièrement à la main. Par soucis d’efficacité on commence par le ton chair (peau) : les visages, les mains, les pieds (nus). Les premiers santons peints étant secs, la peinture se poursuit à l’aide d’une autre couleur. Pendant cette opération le santon est maintenu par le socle à l’aide de la main gauche, celui-ci étant peint au dernier moment.
Aujourd’hui, nous avons remplacé la peinture à l’huile par de l’acrylique.